Tubage de cheminée : quand est-il obligatoire ?

En bref : le tubage consiste à glisser un conduit en inox à l’intérieur d’une cheminée maçonnée existante. Il est obligatoire dès que vous raccordez un appareil moderne — poêle à bois, poêle à granulés, insert, chaudière — à un conduit ancien qui n’est pas étanche ou dont la section n’est pas adaptée. Dans la pratique, en Île-de-France, cela concerne la quasi-totalité des cheminées construites avant les années 1980. Voici quand c’est exigé, pourquoi, et comment ça se passe.

Ce qu’est un tubage, et ce qu’il n’est pas

Un conduit de cheminée maçonné (briques, boisseaux en terre cuite ou en béton) était conçu pour une cheminée à foyer ouvert : des fumées très chaudes, en grande quantité, qui montaient par un conduit de grande section. Un poêle ou un insert moderne fait l’inverse : un foyer fermé, un rendement de 75 à 90 %, donc des fumées plus froides et moins abondantes. Dans un conduit trop large et non étanche, ces fumées refroidissent, condensent, encrassent les parois — et le tirage devient irrégulier.

Le tubage règle le problème : un tube inox indépendant, rigide ou flexible (flexible obligatoirement à double peau, paroi intérieure lisse, marqué CE selon EN 1856-2), est descendu dans le conduit existant, fixé en tête sous une plaque d’étanchéité et un chapeau, raccordé en pied à l’appareil. Son diamètre n’est pas choisi au hasard : il est fixé par la notice de l’appareil et validé par une note de calcul selon la norme EN 13384-1 — en pratique souvent 150 mm pour un poêle à bûches et 80 mm pour un poêle à granulés, et jamais moins de 150 mm pour un insert à portes fermées (DTU 24.2). Le conduit maçonné devient une simple gaine de protection.

Ce n’est pas la même chose que le chemisage (un enduit appliqué sur les parois intérieures du conduit pour lui redonner son étanchéité, sans changer sa désignation — interdit pour les feux ouverts, section minimale 250 cm²) ni qu’un conduit neuf (créé de toutes pièces quand il n’y a pas de cheminée).

Dans quels cas le tubage est-il obligatoire ?

La règle est fixée par le NF DTU 24.1, le document technique qui régit les conduits de fumée en France. Le tubage sert à redonner l’étanchéité à un conduit qui ne satisfait plus au DTU, à adapter sa section, à adapter ses conditions de fonctionnement (température, résistance à la condensation) et à le protéger de la corrosion et du bistrage. Il s’impose dans les situations suivantes :

  • Raccordement d’un appareil à foyer fermé (poêle, insert, chaudière) sur un conduit maçonné existant non tubé — c’est le cas général.
  • Conduit non étanche : joints dégradés, boisseaux fissurés, fuites détectées au test de fumée.
  • Section inadaptée : un conduit de cheminée ouverte fait souvent 20 × 20 cm ou plus, alors qu’un poêle à bois demande 150 mm et un poêle à granulés 80 mm. Trop de section = tirage insuffisant et condensation.
  • Conduit dont on ne connaît pas la classe : un conduit ancien n’est pas classé « G » (résistant au feu de cheminée) et sa température admissible n’est pas connue — dans ce cas, le DTU impose de tuber. Après un feu de cheminée, le conduit doit de toute façon être contrôlé avant toute réutilisation.
  • Passage d’un combustible à un autre : par exemple un conduit qui servait à une chaudière gaz ou fioul et que vous voulez utiliser pour un poêle à bois.

Concrètement : une cheminée qui n’a pas servi depuis des années, ou qui servait à un foyer ouvert, doit être tubée avant d’y raccorder un poêle. Nous n’avons pratiquement jamais rencontré, en Seine-et-Marne, un conduit maçonné d’avant 1980 utilisable tel quel pour un poêle moderne.

Que se passe-t-il si on ne tube pas ?

  • Risque d’intoxication au monoxyde de carbone : un conduit non étanche peut laisser passer des fumées dans les pièces traversées, souvent les chambres à l’étage.
  • Risque de feu de cheminée : la condensation dépose du bistre (goudron) sur les parois ; le bistre s’enflamme à haute température.
  • Mauvais tirage : refoulement de fumée à l’ouverture de la porte, vitre noircie, appareil qui « tire mal » quel que soit le réglage.
  • Assurance : en cas de sinistre, l’assureur vérifie la conformité de l’installation au DTU 24.1 et le certificat de ramonage. Une installation non conforme peut entraîner un refus d’indemnisation.
  • Aides : MaPrimeRénov’ et la prime CEE exigent une installation conforme par un professionnel RGE ; un installateur sérieux ne raccordera pas un poêle sur un conduit non tubé.

Comment se déroule un tubage

  1. Contrôle du conduit existant. Stabilité et intégrité de la souche et du conduit, distance de sécurité par rapport aux matériaux combustibles, débouché en toiture (40 cm au moins au-dessus du faîtage et de toute construction située à moins de 8 m). Nous vérifions aussi que le conduit ne dessert qu’un seul appareil : le DTU 24.1 interdit de raccorder deux foyers sur le même conduit. Si la stabilité est en cause, elle est rétablie avant : le tubage ne sert jamais à consolider un conduit.
  2. Ramonage préalable du conduit maçonné au hérisson métallique, séchage s’il a condensé, débistrage mécanique si nécessaire. Les chapeaux, mitrons et anti-refouleurs de la souche sont déposés.
  3. Sondage de vacuité. Une ogive d’un diamètre légèrement supérieur à celui du tube, prolongée d’un gabarit d’un mètre, est descendue dans le conduit. Si elle ne passe pas librement, on ne tube pas — on cherche une autre solution (ouverture des boisseaux dans les dévoiements, ou conduit neuf).
  4. Choix du tubage. Tube rigide pour un conduit droit, flexible double peau pour un conduit dévoyé ; diamètre selon la notice de l’appareil et la note de calcul EN 13384-1 ; classes de température, de pression et de résistance à la corrosion adaptées au combustible. Le tube doit être classé G.
  5. Pose. Le tube est mis en place d’un seul tenant sur toute la hauteur du conduit — un tubage partiel n’est pas admis —, avec des centreurs, fixé en tête par une plaque d’étanchéité et un chapeau, libre de se dilater. En pied : un té avec boîte à suies, sauf si l’appareil permet lui-même la récupération des suies. Si l’espace annulaire est rempli, uniquement avec un isolant sous Avis Technique.
  6. Raccordement de l’appareil et mise en service, avec plaque signalétique du conduit et remise des documents pour votre assurance.

Comptez une journée pour un tubage et la pose du poêle sur un conduit droit ; un peu plus s’il y a des dévoiements ou une souche à reprendre. Le tubage est toujours fourni par EnergoPrime : c’est ce qui engage notre garantie décennale sur l’ensemble de l’installation, et nous ne posons pas de tubage fourni par le client.

Tubage, ramonage, entretien : ce que dit la réglementation en Île-de-France

Le règlement sanitaire départemental type, repris par les départements franciliens, impose le ramonage deux fois par an, dont une fois pendant la période de chauffe, pour les conduits au bois. Le ramonage est un nettoyage mécanique des parois par hérisson — impérativement en plastique pour un conduit ou un tubage métallique — et les produits chimiques ne peuvent ni le remplacer ni donner lieu à un certificat. Le ramoneur vous remet un certificat de ramonage précisant les conduits ramonés et attestant de leur vacuité, à conserver pour l’assurance ; les anomalies constatées doivent y être signalées. Depuis le décret du 20 juillet 2023, l’entretien annuel de l’appareil et un ramonage au moins annuel sont aussi une obligation nationale.

Trois cas rencontrés sur nos chantiers

Pavillon des années 1960 à Longjumeau (91) : cheminée d’origine jamais utilisée depuis vingt ans. Contrôle, tubage flexible double peau Ø 80, raccordement d’un poêle à granulés Cadel de 6 kW. Une journée de chantier, aucun conduit apparent. Voir la réalisation.

Maison individuelle en Île-de-France, conduit maçonné pour un poêle à bois : vérification de conformité, tubage inox adapté, raccordement du poêle, test d’étanchéité. Voir la réalisation.

Maison à Chelles (77), tubage double paroi et percée de cheminée — le cas où le conduit existant ne pouvait pas être réutilisé et où nous avons créé la sortie. La cliente a laissé cet avis : « Percée de cheminée, pose de tubage inox double paroi et installation de mon poêle au bon endroit. De vrais pros. »

Questions fréquentes sur le tubage

Peut-on tuber soi-même ? Techniquement rien ne l’interdit, mais l’installation ne sera pas couverte par une garantie décennale, l’assurance pourra contester la conformité, et les aides RGE seront perdues. Le diagnostic du conduit (dévoiements, mitoyenneté, section) est la partie qu’un particulier ne peut pas faire.

Un conduit tubé il y a 15 ans doit-il être refait ? Un tubage inox de qualité dure 20 à 30 ans si le combustible est sec et le ramonage régulier. Nous le contrôlons lors de la visite avant d’y raccorder un nouvel appareil ; un changement de combustible (bois → granulés) peut imposer un tube plus petit.

Le tubage suffit-il si la souche est abîmée ? Non : la souche (partie du conduit au-dessus du toit) doit être stable et étanche ; une souche fissurée est reprise ou remplacée avant le tubage. Le DTU est clair : le tubage ne sert ni à reconstituer la stabilité du conduit, ni à réduire la distance de sécurité par rapport aux matériaux combustibles — sauf avec un isolant d’espace annulaire sous Avis Technique et un calcul spécifique.

Faut-il une autorisation ? Pas pour un tubage dans un conduit existant, qui ne modifie pas l’aspect extérieur. Un chapeau ou une souche remplacée en secteur protégé (abords de Fontainebleau, centres anciens) peut nécessiter une déclaration.

Vous avez une cheminée et un projet de poêle ?

Nous contrôlons votre conduit lors de la visite technique gratuite et vous disons si un tubage suffit, ou s’il faut un conduit neuf. Plus d’informations sur nos pages installation de poêle à bois, conduit et tubage et installation de poêle à granulés ; vous pouvez aussi estimer votre projet en 2 minutes ou nous appeler au 06 64 15 50 85.

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